•  «  ….sur la place, chacun passe , chacun vient, chacun va , drôle de gens que ces gens-là... » (Carmen-Georges Bizet- Henri Meilhac )

     

    Les loups, les voleurs habiles et les commerçants,

     T 'observent patiemment foule d'été joyeuse

     Qui déambule là. Valse de mille amants :

     Dansez demoiselles tant jolies que rieuses,

     

    Oui dansez pour vos vifs galants, ces acrobates

     Qui sautent jusqu'au ciel où ils cueillent des fleurs,

     Les couleurs de l'amour ont les joues écarlates

     Et des joies insensées où perce le bonheur.

     

    Un bel enfant pleure sa glace à la vanille

     Répandue sur les pavés, un monde s'écroule !

     Un bisou de maman : drame devient vétille !

     Un saxo langoureux, Dieu que la vie est cool !

     

    Quelques pas de tango pour des messieurs sérieux

     Pingouins en noir et blanc qui portent la cravate

     Chaussures d'Italie ce qu'il y a de mieux,

     ô le pas chaloupé de nos beaux technocrates !

     

    Mais voici que viennent de glorieux policiers

     Ils ont gilets blindés et quelques hallebardes,

     La musique glisse sous leurs casques rouillés,

     La police frétille émue du chant des bardes .

     

    Puis là-haut sur un toit un couvreur isolé

     Lâche un joli juron :  « Jésus Joseph Marie!

     Mais pourquoi ces tuiles se sont-elles cassées ? »

     Une jeune et belle religieuse en frémit .

     

    Près de la cathédrale où tant de gens prièrent

     Pour sauver un enfant ou gagner la fortune,

     Le repos des âmes de ceux qui nous quittèrent,

     Pour des broutilles enfin, pour décrocher la lune,

     

    Sous les vieilles gargouilles aux grimaces moqueuses,

     De bonnes fraises sucrées, quelques nectarines,

     Offrent à tous les passants leurs rondeurs généreuses.

     L'étal du charcutier me flatte les narines.

     

    Je marche lentement revenant du marché

     Dans cette rue piétonne inondée de soleil

     De bons fruits juteux alourdissent mon panier

     Et mon œil fripon en ville s'émerveille .

     


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    J'étais là assis tranquille sous un bel arbre,

     La rue dormait déserte et mes voisins partis,

     Les plantes fleurissaient sur ma terrasse en marbre,

     L'univers lui-même était au ralenti.

     

    J'ai bien quelques idées sur le fait politique

     Je peux discuter livres ou aussi bricolage,

     Mais mon esprit serein laissant l'analytique

     Voguait avec les papillons doux et volages.

     

    Alors ils sont venus , timides , hésitants,

     Un vague rien du tout à peine murmuré ,

     Bien cachés dans la verte clarté du printemps

     Les mots se tenaient là tout juste sussurés.

     

    Je tendis l'oreille pour mieux les écouter

     Les mots de mon poème n'osant éclore là,

     L'air que j'expirai devint la légèreté

     Elle-même. L'un enfin doucement me parla.

     

    Ils formèrent une ronde un nébuleux nuage

     Les rimes et les vers s'adressèrent à mon cœur

     J'écoutai bienheureux cette chanson sans âge 

     Qui célèbre la joie , l'amour et le bonheur.

     


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    Au bois joli

     

    Trois belles douces et jeunes filles

     S'en allaient là quérir au bois

     Et des framboises et des myrtilles ,

    Rires gracieux de bon aloi .

     

    Or dans les bois le loup y guette

    Les imprudents et les amants,

    Les joyeux drilles en goguette,

    Et les moutons et les enfants !

     

    Nos mignonnes s'en vont gaiement

    Où il ne faudrait pas qu'elles aillent,

    Pour triompher du loup méchant

    Leur faudra-t-il livrer bataille ?

     

    L'auteur des mots qui viennent là

    Ne prise guère les vers violents :

     Plume magique et hop la !

     Les loups seront princes charmants .

     

    Trois belles douces et jeunes filles

     S'en allaient là quérir au bois

     Et des framboises et des myrtilles ,

     Rires gracieux de bon aloi .

     


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    Ô , la tempête

     Les chênes séculaires agitent leurs bras puissants :

     Un appel au secours bravant la froide nuit ?

     Glorieux vénérables assagis par les ans

     Les voici bien fragiles , ô lune qui reluit !

     

    De sombres bourrasques nerveuses , menaçantes ,

     Ont déjà arraché des branches ici ou là

     Qui gisent sur le sol en postures branlantes ,

     Chaque chute fut un choc dont la terre trembla .

     

    Grands arbres qui abritèrent jadis amours

    D'Iseult et de Tristan , des écureuils les jeux ,

    Les serments des amants , vous tremblez en ce jour

    Que vos racines cèdent et que les jours heureux

     

    Où vous trôniez en rois majestueux et aimés

    Ne s'achèvent sous les coups de cet ouragan

    Furieux , violent , qui hurle en la ramée :

    Tenir jusqu 'au matin , au matin verdoyant !

     


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